Les fluoroquinolones sont une classe d’antibiotiques utilisés dans le traitement de plusieurs types d’infections bactériennes.
Elles peuvent être à l’origine d’effets indésirables très graves, durables dans le temps, invalidants et potentiellement irréversibles : atteinte du système nerveux (neuropathies périphériques), troubles neuro-psychiatriques, affection du système musculo-squelettique (douleurs et gonflements au niveau des articulations, inflammation voire rupture des tendons, douleurs et/ou faiblesse au niveau des muscles),
Leur extrême toxicité a conduit l’Agence Européenne du médicament en avril 2019 à restreindre leurs indications thérapeutiques et à actualiser leur profil de sécurité d’emploi en réservant ces médicaments à des infections graves et lorsqu’il n’y a pas d’alternatives.
Une nouvelle expertise publiée ce jour confirme la profonde toxicité de ces médicaments qui continuent à être très largement prescrits en violation des recommandations établies.
En d’autres termes des personnes sont empoisonnées à vie en raison de la prescription injustifiée de fluoroquinolones et l’information des personnes sur les risques fait très largement défaut et le droit de chaque patient à une information éclairé est très largement violé par les médecins prescripteurs.
Ce rapport confirme la très profonde toxicité cellulaire de ces antibiotiques. Ils sont susceptibles d’endommager toutes les cellules du corps humains : nos muscles, nos tendons, le cerveau, notre système nerveux périphériques, nos artères, le cœur, etc… avec des effets gravement invalidants et souvent irréversibles.
C’est ce qui avait motivé la mise en place par l’Agence Européenne du Médicament (EMA) de fortes restrictions d’usage de ces antibiotiques en avril 2019 dans toute l’Europe. Au regard de leur très forte toxicité, ces antibiotiques sont normalement restreint à des infections graves et pour lesquelles il n’y a pas d’autres alternatives thérapeutiques.
Ces antibiotiques sont considérés par la Société Française de Pharmacologie et Thérapeutique (les spécialistes français du médicament et les pharmacovigilants) comme les plus toxiques en médecine de ville.
Témoignages recueillis par l’Association d’Aide et d’Informations sur les Effets Délétères des Fluoroquinolones à l’origine de plus de 60 plaintes pénales pour des faits de blessures involontaires et tromperie.
Une patiente de 23 ans :
«J'ai été sévèrement intoxiqué il y a 3 ans à l'âge de 23 ans. J'ai pris 5 comprimés d'Ofloxacine pour une cystite avant d'arrêter le traitement car j'avais des hallucinations. Depuis l'arrêt du traitement ça a été la descente aux enfers : j'ai perdu 10kg, j'ai des sensations de brulures partout sur le corps, des épisodes de convulsions, des vertiges, et des réactions allergiques tellement sévères que je ne peux quasiment plus rien manger sans avoir des problèmes de respiration et des malaises. Je n'ai plus mes règles et mon médecin me parle de périménopause à 23 ans!! Je n'avais aucun problème avant de prendre ce médicament.
Mon état ne fait que se dégrader au point où je ne peux plus consulter de médecins, je ne tiens pas debout, je ne peux pas déglutir normalement et j'ai besoin d'aide pour me laver. J'ai l'impression que je vais en mourir si ça ne s'arrête pas. »
Une patiente de 38 ans :
« Je ne présente que d’infime progrès au bout de 2ans et demi d’évolution après mon intoxication à la Ciprofloxacine, hélas, et le moral commence à s’en ressentir… Les douleurs ne sont plus permanentes maintenant, mais reviennent dès un minime effort, comme porter un verre plein à sa bouche. Je bois avec une paille; ou marcher 200 m environ. Pensez-vous, d’après votre expérience que ces douleurs musculo-tendineuses disparaîtront un jour ? C’est ma grande angoisse en ce moment. »
Ce rapport d’expertise montre qu’à minima un tiers des cas remontés en pharmacovigilance sont prescrits en violation des restrictions d’utilisation réglementaire et dans une analyse bénéfices/risques négative c’est-à-dire en violation du premier principe de la médecine « D’abord ne pas nuire ».
Deux autres analyses du niveau de violation des textes réglementaires sur les fluoroquinolones ont été réalisées ces dernières années :
1) Dans le rapport d’étude sur les fluoroquinolones de 2022 mandaté par l’Agence Européenne du médicament (EMA) qui avait fait réagir début 2023 la Société Français de Pharmacologie et Thérapeutique (les spécialistes français du médicament et la pharmacovigilance), les prescriptions hors AMM (Off-label) était estimées par une tout autre méthode à 2/3 (ci-dessous graphique issu de cette étude pour rappel).
2) La comparaison internationale de l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control, une agence de l’Union Européenne)
Cette comparaison internationale montre d’une part une situation de rebond des prescriptions de fluoroquinolones en 2022 signe du laxisme en matière de sécurité du système de santé français et de l’agence française du médicament, et d’autre part que le niveau de prescription des fluoroquinolones en médecine de ville est aujourd’hui plus de deux fois supérieurs à l’Allemagne, la Belgique (qui a mis en place avec succès un système de réduction significative des prescriptions), l’Irlande, le Danemark et l’Angleterre qui n’est pas sur cette courbe mais qui se situe autour de 0,45 DDJ/1000 habitant. On voit dans les courbes une baisse très significatives des prescriptions dans ces pays dès 2019 et confirmée en 2020 alors qu’en France le niveau de prescription reste très supérieur.
Nous estimons qu’au regard de ces trois méthodes retenir la moyenne soit 50% pour estimer le prescriptions de fluoroquinolones dangereuses dans un rapport bénéfices/Risques négatif et en violation du premier principe de la médecine « d’abord ne pas nuire », nous semble parfaitement cohérent.
En médecine de ville, selon les statistiques de Santé Publique France, actuellement 2.2 millions de prescription de fluoroquinolones sont faites par an dont soit 50% sont dangereuses et en violation du premier principe de la médecine d’abord ne pas nuire soit 1.1 millions de prescriptions par an ou près de 100.000 prescriptions par mois.
Cette situation de négligence au sein de notre système de santé fait de très nombreuses victimes. Notre association a regroupé à ce jour près de 900 victimes graves dont de nombreuses personnes handicapées à vie ou avec de graves séquelles.
Au regard de la profonde toxicité et des effets retardés, nous pensons que de nombreuses personnes souffrent de pathologies et de séquelles liées à ces antibiotiques sans le savoir. Nous les invitons à rejoindre notre association.
Cette situation est extrêmement grave.
Nous demandons :
- Une enquête parlementaire sur le scandale des fluoroquinolones. Notre système de santé ne peut pas avoir fait des centaines voire des milliers de victimes par négligences en 2025 sans que le parlement fasse une enquête sérieuse sur pour comprendre les dysfonctionnements au sein de notre système de santé qui ont mené à laisser intoxiquer un nombre aussi important de victime par négligence. Une telle enquête a été mise en place pour le Médiator en son temps.
- La mise en place par les autorités de santé de mesures fortes d’encadrements et de contrôle des prescriptions par les pharmaciens dont c’est le métier ainsi que le respect sans ambiguïté du droit fondamental des patients à une information éclairée sur les risques avant les prescriptions et la délivrance des médicaments.
- L’organisation par le gouvernement d’une équipe médicale dédié aux victimes des fluoroquinolones. Nous demandons au gouvernement d’organiser la prise en charge médicale correcte des centaines de victimes souvent confronté à des pathologies complexes et leur suivi thérapeutique au long court comme cela est organisé pour les maladies rares.